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HANDI-ARTS MARTIAUX

 

SITUATION DE HANDICAP ET ARTS MARTIAUx:

RÉALITÉ, OU UTOPIE ???

 

Le plus souvent, les Arts Martiaux véhiculent une image de Performance. Dans cet état d’esprit comment peut-on y associer la notion de Handicap ???

 

Un peu de Législatif : La loi du 11 FEVRIER 2005 sur la citoyenneté des personnes  en situation de handicap, insiste sur cette obligation de favoriser l’intégration de ces personnes dans les divers secteurs d’activités de la vie en société. Loisirs et sport sont intégrés à cette démarche.

Cette loi prend en compte l’ensemble des personnes en situation de handicap.

Les grandes classes de type de handicap : handicap moteur, visuel, auditif, mental, ainsi que les maladies invalidantes – sont donc différenciées.

La mise en avant de cette notion de handicap invisible représente une avancée importante.

Intégration de la personne en situation de handicap:

Tout d’abord, la loi stipule que la personne présentant un déficit, doit pouvoir s’intégrer à tous les secteurs d’activité.

Reconnaissance de la personne en situation de handicap en tant que personne et non en tant « qu’handicapée », terme  trop réducteur, car il réduit la personne a son déficit.

Il serait plus juste de dire : c’est reconnaître d’adapter le sport ou la discipline au handicap.

 

Les personnes en situation de handicap sont, elles aussi, attirées par les concepts de base  des Arts Martiaux Externes ou Internes : maitrise, respect, efficacité, progression personnelle, self défense …. En fonction de leur état de situation de handicap et des possibilités d’adaptation aux techniques de la discipline, afin de leur permettre, un épanouissement Interne et Externe.

Le plus difficile pour elles étant souvent de considérer que cette pratique leur est accessible !

Il s’agit donc d’une démarche de respect de la personne, au sens ou l’on considère celle-ci comme pouvant pratiquer cet art, même avec des adaptations

Comment accueillir et  intégrer une personne en situation de handicap dans un club d’arts

martiaux ?

Il s’agit d’une démarche, qui au-delà de l’aspect humain nécessite une méthode qui doit permettre de réussir l’intégration envisagée.

Evidemment pour mener à bien cette intégration, plusieurs éléments sont à prendre en compte :

-la motivation de la personne : connaitre a minima la pathologie présentée ainsi que ses conséquences fonctionnelles.

Lorsque la personne est suivie médicalement pour sa pathologie, il est fondamental d’échanger avec cette équipe soignante, afin que les choix pédagogiques, techniques, de l’enseignant soient cohérents avec la démarche thérapeutique.

Les Arts Martiaux sont d’ailleurs considérés de plus en plus comme une pratique pouvant prolonger la rééducation.

Réaliser une évaluation, à minima des capacités psychomotrices de la personne pour se rendre compte du potentiel et pour commencer à préparer l’intégration dans la discipline.

Ces séances se déroulent en individuel afin de pouvoir échanger librement.

-Important : préparer l’intégration au niveau du club : Le handicap peut faire peur. C’est une réalité qu’il faut savoir prendre en compte, si l’on veut réussir la démarche. Présenter la personne avec ses spécificités, échanger sur le handicap, envisager la démarche pédagogique avec les élèves est évidemment très important, à la fois pour rassurer, mais aussi pour préparer les adaptations de la pratique.

-Penser à la mise en place d’un assistant.

Les adaptations techniques demandent souvent une mobilisation toute particulière de l’enseignant. Il faut alors éviter une « perte » de qualité du cours pour les autres élèves.

Ceux-ci ne doivent pas avoir l’impression que lorsque la personne handicapée participe à l’entrainement   celui-ci perd en intérêt, en dynamique et en progression. Au contraire on  assisterait forcement, alors au rejet de la démarche. Ce qui faut évidemment éviter. La présence d’un assistant qui aide l’enseignant, doit permettre d’éviter ce type de situation.

On remarque, d’autre part, que certains élèves se proposent pour s’entrainer avec les personnes handicapées, y trouvant un « bénéfice ».

-Rôle et formation de l’enseignant :

Il est important que l’enseignant puisse bénéficier d’ expériences déjà réalisées par d’autres. Suivre des sensibilisations, voire des formations (lorsqu’elles seront mises en place) permet de ne pas refaire des recherches, des erreurs inévitables , d’être plus efficace et prolonger les réflexions déjà engagées.

Il est indispensable voire nécessaire, de fonctionner en réseaux, par type de handicap afin de ne pas « s’épuiser » et participer aux évolution nationales.

Il importe, en effet, que l’intégration puisse apporter un plus pour tous les acteurs, la personne en situation de handicap, bien sûr, enseignants et élèves.  Point important dans la démarche, si un seul des partenaires est « perdant », l’intégration sera rapidement un échec.

 

Une démarche positive et riche d’enseignements pour tous

Il faut faire participer, dans la mesure du possible, les élèves à la recherche de l’adaptation des techniques. Ce travail de réflexion doit être bénéfique à l’ensemble du groupe.

En effet, on modifie la forme tout en préservant le fond. Ne jamais perdre de vue, le rôle et la volonté de la personne en situation de handicap.

Exemple : pour la personne en fauteuil roulant, les techniques de jambes sont, bien sûr  évidemment, remplacées par des techniques de bras, avec la même trajectoire  cinétique (un MAWASHI GERI seront ainsi remplacé par un MAWASHI TSUKI).

Cette vision peut s’adapter évidemment à d’autres techniques, et bien sûr à d’autres disciplines .

Cette réflexion est riche en approfondissement et recherche d’efficacité, ce qui permet à tous les pratiquants valides d’améliorer leur propre pratique.

Les adaptations sont à la fois spécifiques pour chaque type de handicap ( moteur, visuel, sensoriel, …) mais aussi, et c’est très important, individualisées. La pratique est adaptée aux personnes en fauteuil roulant avec, à la fois des adaptations communes qui peuvent constituer des principes généraux, mais aussi, des spécificités individuelles qui permettront d’être le plus efficace possible.

Expliquer à l’ensemble des élèves les adaptations techniques, la progression avec des démonstrations réalisées par les personnes handicapées permet de  démontrer que la pratique n’est pas bradée, qu’il ne s’agit pas d’une « sous pratique », mais bien la réalisation d’un Art Martial à part entière.

Des options d’organisation.

Suivant le type de handicap et les particularités du groupe, il peut être nécessaire de mettre en place un cours dédié aux personnes en situation de handicap. Attention cependant de ne pas glisser vers la croyance dans ce contexte particulier d’un ressenti discriminatoire de la part des personnes en situation de handicap.

Celles-ci peuvent ainsi bénéficier d’un cours plus adapté, plus individualisé en pédagogie et en rythme, qu’un cours classique.

Ce cours spécifique doit permettre, une porte ouverte à terme, à l’intégration dans les cours classiques  les pratiquants handicapés, lorsque cela est possible. Il est nécessaire de garder en permanence à l’esprit que la discipline ou la technique doivent être adaptées au handicap et non l’inverse.

Certes l’intégration, c’est la mixité, c’est éviter l’isolement des personnes. Cependant pour des raisons pédagogiques et techniques, il peut être impossible d’intégrer directement, ou en continu, des pratiquants  nécessitant une attention particulière.

Proposer un cours spécifique et un cours « classique » peut être un modèle très fonctionnel mais qui demande  plages horaires et organisation particulières.

La mise en place de la progression technique avec les passages de grade nécessite pour l’enseignant un investissement et une recherche qui peut être importante. Celle-ci lui sera bénéfique car elle fera évoluer sa pédagogie d’une façon générale.

Si l’intégration de personnes en situation de handicap dans les clubs d’Arts Martiaux nécessite un investissement des différents acteurs, elle n’en demeure pas moins un moyen d’évolution technique, pédagogique et humain des enseignants et pratiquants.

L’intégration réussie doit être une démarche gagnante pour tous : personnes en situation de handicap, enseignants et pratiquants.

 

Autre exemple :

Quand les arts martiaux s’attaquent aux handicaps

 

La finalité des arts énergétiques et martiaux chinois n'est pas de venir à bout d'un adversaire au moyen de techniques redoutables, mais d'apprendre, au sens le plus large du terme, à se connaître et à se comprendre. En Chine, l'appellation « wushu » regroupe l'ensemble des arts énergétiques et martiaux chinois. Son but est de favoriser l'épanouissement du pratiquant. Il se divise en trois branches. La branche externe, un style chinois de combat, comprend le kung fu. La branche interne est une technique plus lente, comme le taïchi chuan. Enfin, la branche énergétique est issue des médecines chinoises traditionnelles ; c'est notamment le cas du gi gong.

Le wushu est très pratiqué dans les hôpitaux chinois. En travaillant sur le souffle, le corps est alors animé d'une énergie nouvelle qui permet de reprendre confiance en soi et d'adopter des attitudes plus combatives.

 

Partageons ensemble les différences

 

Changer le regard sur le handicap : celui des pratiquants, celui des enseignants.

proposer les arts énergétiques et martiaux chinois et japonais aux personnes handicapées.

 

Tout ceci pour dire qu’il est possible d’offrir la pratique d’un Art Martial qu’il soit externe ou interne à toutes les personnes en situation de handicap, à la seule condition qu’elle se trouve dans une démarche positive et volontaire sans oublier la mise en place par les clubs des conditions d’accueil et d’enseignements adaptés et d’intégration nécessaires afin de leur permettre, un épanouissement Interne et Externe.

La combinaison des techniques internes ( TAI CHI, QI QONG, etc.) et Externes (AIKIDO, Self Défense, KUNG FU, etc.) peuvent offrir à toute personne en situation de handicap, une panoplie complète de possibilités de pratiques même en situation handicap.